Confession communauté · Témoignage
Un jour peut-être, je saurai jouer moi aussi.
Par Sonia, recueilli par Colette · 3 min de lecture · Octobre 2026
Sonia a écrit son récit du Parcours Sexpo de Paris, les 4 et 5 juillet. Trois parties. Voici la première : l'inscription, la roue du consentement, et l'après-midi qu'elle choisit de passer.
Un week-end plus impliquant que d'habitude, en solo, avec la confiance de se laisser porter par le groupe.
Je me suis inscrite au Parcours sexpo de Colette, à Paris, les 4 et 5 juillet. Plus impliquant que d'habitude, mais Colette me l'a recommandé et je me sens prête à franchir une nouvelle étape. Dans la bienveillance et la sensualité… J'ai confiance dans le fait que je serai portée par le groupe.
Bien sûr, cela m'a semblé plus facile quand je me suis inscrite en duo, mais tant pis, je serai en solo et je trouverai bien des partenaires de jeux. La chaleur est presque caniculaire, mais j'aime la chaleur et je serai à mon aise.
Comme toujours, le groupe est sympathique, ouvert ; certains sont fatigués, mais tous et toutes sont « heureux d'être là ». Le matin, nous découvrons la roue du consentement. Très bel outil adapté et présenté par un duo de choc composé de Pauline et Federica, fraîchement formées mais déjà aguerries. J'ai fait plusieurs fois le niveau 1, mais c'est toujours différent et la roue du consentement permet des interactions nouvelles et des observations fines… J'en suis agréablement étonnée, comme beaucoup d'autres participants : c'est une belle découverte. Je me sens à ma place, sereine et bienveillante.
L'atmosphère au déjeuner est conviviale et gaie. Nous avons trouvé une table dans le marché couvert du quartier et toutes celles et ceux qui voulaient partager leur repas sont visiblement heureuses et heureux de rester connectés et de poursuivre l'aventure ensemble.
« La sexualité a trop longtemps rimé avec contrainte, et je ne suis pas prête à en rire. »
L'après-midi… je passe. L'art de la contrainte n'est pas un jeu pour moi. Viol initiatique à 14 ans, agressions sexuelles innombrables depuis l'âge de 9 ans (j'en découvre encore au fil de mes souvenirs !), coïts décevants qu'il faut faire finir par tous les moyens, sexualité de couple obligée ou perçue comme telle, frustration systématique entretenue par un conjoint pervers, j'ai tout expérimenté de l'art de la contrainte, et pendant des années, qui sont devenues des décennies…
Dans ce marasme émergent trois belles connexions, imparfaites mais réelles, des radeaux auxquels je m'accroche quand je suis fatiguée de nager. Et pour contenir le tout, ces vers d'Apollinaire qui ont consolé mon adolescence :
« Le corps ne va pas sans l'âme Et comment pourrais-je espérer rejoindre ton corps de naguère puisque ton âme était si éloignée de moi Et que le corps a rejoint l'âme Comme font tous les corps vivants Ô toi que je n'ai possédée que morte ! »
Un jour peut-être, je saurai jouer moi aussi… J'ai lu que les jeux érotiques étaient un bon remède aux traumatismes sexuels et à la dissociation. « Ne dis jamais Fontaine, je ne boirai pas de ton eau ». L'eau du sexpo a un goût sucré qui aide toutes les médecines à couler !
Il paraît que l'atelier a pris la forme d'un playfight. Je ne sais pas, je n'y étais pas. Mais les participants que j'ai retrouvés le soir en sont sortis lessivés.
Puis vient l'atelier du soir. Grande inconnue en manteau sombre étoilé…
La suite : l'atelier du soir, l'edging, le parcours libre, et un non qu'elle remercie.
Partie 2Sonia