Confession communauté · Témoignage
Peut-être un jour serai-je complètement dedans.
Par Sonia, recueilli par Colette · 5 min de lecture · Octobre 2026
Sonia nous a raconté, en deux temps, son week-end au Parcours Sexpo : la matinée du samedi, puis l'atelier du soir.
Voici la troisième et dernière partie : le dimanche de son anniversaire, l'atelier de Célestin, et ce qu'elle emporte.
Le lendemain, j'ai la gueule de bois : trop de sollicitations, trop d'émotions et de sensualité. Je suis encore toute retournée et je ne suis pas sûre d'avoir le courage de faire le trajet pour le dernier atelier du week-end. Mais c'est un atelier massage, c'est Célestin qui l'anime, je ne veux pas lui faire faux bond, et je sais que cela me fera du bien… Je prends mon courage à deux mains et, quelques heures plus tard, après une promenade au Parc et un déjeuner rapide avec mes deux enfants qui n'en sont plus, le temps de partager le traditionnel fraisier de mon anniversaire, je suis dehors, prête à de nouvelles expériences.
Je connais déjà les ateliers massage du divin Célestin, mais là, il s'est surpassé ! Grâce aux cuillères réfrigérées, aux vaporisateurs, aux plumes et aux pointes de fourchettes, grâce aux petits cubes d'huile de coco congelée qu'il nous a préparés avec amour, grâce à sa voix douce et suave qui nous berce en continu, il nous plonge dans un bain de sensualité délicieux… Il fait très chaud. Nous échangeons des caresses de papillons, amenons les corps au plaisir des sens, faisons glisser les glaçons d'huile sur les peaux douces. Je fais un jeu de déshabillage avec un jeune homme qui s'est couvert de vêtements et de pinces à linge. La connexion est forte. Nous aurions bien aimé nous déshabiller un peu plus, mais il est temps de passer à la dernière partie, la pièce maîtresse, le massage en duo ou trio.
Nous fermons les yeux et seuls quelques uns parmi nous choisissent leurs partenaires, les autres étant choisis. Un premier couple de gens mariés me touche le bras, mais je ne veux pas recommencer l'expérience de la veille. Un deuxième groupe, de trois cette fois, me touche le bras également, mais je refuse encore. Mon ancien binôme en fait partie et je ne sens pas de bonne énergie pour moi dans ce groupe. Le temps passe, et je suis toujours debout, les yeux fermés. Bien dedans, et pourtant dehors. J'ai pris un risque. Célestin marche dans la salle, je le devine, et nous rassure (me rassure) en disant « Tout le monde sera choisi », avec autant de bienveillance qu'il aurait dit « Les derniers seront les premiers ». Je ne suis pas inquiète. Il me conduit vers un groupe de trois, deux hommes et une jeune femme, un groupe plus tranquille, plus expérimenté, je le sens, qui m'accueille et me sourit. Je suis dedans. Nous allons commencer par deux massages en duo, mais je sens aussi les mains de la femme sur moi. C'est très agréable. Je comprends tout à coup quelque chose : c'est parce que j'ai su dire non deux fois et rester confiante que j'ai fait de la place à ce troisième groupe qui me convient si bien… Je comprends alors qu'hier, si j'avais su m'extraire de cet échange dysfonctionnel avec le couple, j'aurais laissé de la place à une autre interaction. Peut-être avec ce jeune homme couvert de pinces à linges ? J'aurais bien aimé. Peut-être avec un autre… Mais, au fond, j'avais peur de ne pas trouver d'homme attentionné qui veuille s'occuper de moi. Ou bien j'avais peur de le trouver. Qui sait ?
« Si "je ne veux rien recevoir qui vienne d'un homme", le déclic devra venir de moi… »
Notre petit groupe s'est lassé du massage en duo. Le divin Célestin nous suggère un massage à quatre, chacun massant le corps de son partenaire de devant, en une roue de sensualité… Nous nous asseyons et mêlons nos jambes pour être mieux emboîtés. Nous sommes toujours en sous-vêtements, mais nous pouvons sentir la douceur de la peau de nos partenaires. L'échange est très vite sensuel et va l'être davantage, et davantage encore, jusqu'à ne plus savoir qui caresse qui ni d'où viennent ces mains délicieuses. Pas de mots, pas de baisers, mais nos têtes finissent par se toucher, parce qu'au-delà du partage des sensations et des fluides, il se passe quelque chose au niveau de l'âme. Je me sens totalement dedans. Et, en même temps, mon corps n'a plus de limites, je ne fais qu'un corps en quatre corps et mon corps est plus étendu que l'univers…
A présent je suis dehors. L'atelier est terminé. Le cercle de clôture nous a aidés à refermer la parenthèse enchantée. Je suis un peu étourdie, détendue, heureuse. C'était un beau jour d'anniversaire. Je dis au revoir aux uns, aux unes et aux autres. Je n'ose pas déranger le jeune homme aux pinces à linges qui est en conversation avec une jeune femme. Je m'éclipse, je préfère rester en dehors.
Je suis raccompagnée à la gare par la jeune femme de mon groupe, qui sera peut-être un jour mon amie. Je l'espère car je la trouve fascinante. Elle marche à côté de son vélo, avec la grâce d'une déesse. Elle m'évoque la première phrase que j'ai traduite du grec quand j'avais 14 ans : « La lune apparaît à travers les branches ; et, dans la forêt, la déesse marche en silence. » Si jamais un jour j'avais été tentée par une relation avec une femme, cela aurait été avec cette femme-là. Mais mon drame est d'être attirée par les hommes…
Je suis dehors, mais je suis bien connectée avec le dedans. Plus ouverte et plus forte. Plus sereine que jamais. Peut-être un jour serai-je complètement dedans.
Sonia